Pourquoi les side projects et projets personnels sont devenus stratégiques pour votre employabilité
Les side projects et projets personnels ont longtemps été perçus comme de simples passions ou passe-temps. Aujourd’hui, dans un marché de l’emploi compétitif, ils sont devenus de véritables leviers pour booster votre employabilité et vous démarquer des autres candidats. Qu’il s’agisse d’un blog professionnel, d’une application développée le soir, d’une chaîne YouTube, d’une boutique en ligne ou d’un projet associatif, ces initiatives racontent une histoire sur vous. Une histoire que les recruteurs lisent avec de plus en plus d’attention.
Dans un contexte où les CV se ressemblent et où les diplômes ne suffisent plus, capitaliser sur vos projets personnels peut faire la différence. Ils démontrent votre capacité à apprendre par vous-même, votre curiosité, votre autonomie et votre engagement. Autant de qualités recherchées par les employeurs, quels que soient le secteur et le niveau de poste.
Ce que vos side projects disent réellement de vous aux recruteurs
Les projets personnels sont de puissants indicateurs de votre potentiel. Ils montrent ce que vous êtes capable de faire lorsque personne ne vous y oblige. Ils rendent visibles vos compétences techniques, bien sûr, mais aussi vos qualités humaines, comportementales et organisationnelles.
Aux yeux d’un recruteur, un side project permet de :
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Vérifier la cohérence entre votre parcours, vos centres d’intérêt et le poste visé.
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Évaluer votre motivation intrinsèque : faites-vous les choses par obligation ou par envie réelle d’apprendre et de progresser ?
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Apprécier votre capacité à mener un projet de A à Z, avec toutes les étapes qu’il implique.
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Observer votre résilience : avez-vous tenu sur la durée, itéré, amélioré votre projet ?
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Identifier des compétences transférables vers le poste à pourvoir, même si le projet n’est pas directement lié au métier.
Un développeur qui crée un outil open source, une graphiste qui anime un compte Instagram créatif, un commercial qui monte une micro-entreprise en parallèle, un étudiant qui lance un podcast sectoriel : tous envoient des signaux forts. Ces signaux pèsent de plus en plus dans les décisions de recrutement.
Les types de side projects qui boostent le plus votre employabilité
Un side project n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être pertinent sur votre CV ou votre profil LinkedIn. Ce qui compte, c’est la valeur qu’il apporte en termes de compétences, de visibilité et d’impact. Certains types de projets personnels sont particulièrement efficaces pour se démarquer.
On peut notamment citer :
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Les projets créatifs visibles en ligne : portfolio, blog professionnel, chaîne YouTube, compte TikTok ou Instagram thématique, newsletter spécialisée, podcast. Ils sont faciles à consulter et permettent de voir concrètement votre travail.
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Les projets techniques : mini-application, plugin, script, projet open source, site web, automatisation interne. Ils sont précieux dans les métiers du numérique, de la data, de l’ingénierie.
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Les projets entrepreneuriaux : boutique en ligne (e-commerce), micro-entreprise, activité de freelance, formation en ligne, vente de produits digitaux. Ils témoignent de votre sens des affaires et de votre capacité à délivrer pour de vrais clients.
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Les projets associatifs ou à impact : engagement dans une association, création d’un événement, organisation d’ateliers, mentoring, actions de sensibilisation. Ils mettent en avant votre sens des responsabilités et vos valeurs.
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Les projets d’apprentissage structurés : défi “100 jours de code”, certification menée de bout en bout, mini-projet à la fin d’un MOOC, participation à des hackathons ou concours.
Ce qui fait la force de ces side projects, c’est leur capacité à être montrés, expliqués, discutés. Ils servent de supports concrets pour illustrer ce que vous avancez dans votre lettre de motivation ou lors d’un entretien d’embauche.
Comment choisir un projet personnel aligné avec votre projet professionnel
Pour que vos side projects boostent réellement votre employabilité, ils doivent être pensés de manière stratégique, même s’ils restent plaisants et motivants. L’objectif n’est pas de tout transformer en “business”, mais d’orienter votre énergie dans une direction utile à votre évolution professionnelle.
Pour bien choisir un projet personnel, posez-vous quelques questions simples :
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Quelles compétences clés manquent à mon profil pour le type de poste que je vise ? Un projet peut-il me permettre de les développer ou de les illustrer ?
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Quel secteur ou métier m’attire vraiment ? Puis-je lancer un projet qui me plonge dans cet univers (blog métier, veille sectorielle, création de contenu, prototype de produit) ?
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Combien de temps réel puis-je y consacrer chaque semaine sans nuire à mon travail, mes études ou ma santé ?
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Qu’est-ce qui me motive naturellement au-delà des contraintes ? Car un side project repose souvent sur la persévérance.
L’alignement entre projet personnel et projet professionnel ne doit pas être parfait pour être utile. Un projet créatif artistique peut, par exemple, révéler votre sens esthétique et votre rigueur, même si vous travaillez en marketing ou en RH. Le lien doit simplement pouvoir être expliqué de manière logique à un recruteur.
Transformer un side project en vitrine professionnelle impactante
Un projet personnel ne vaut, aux yeux d’un employeur, que s’il est rendu visible et lisible. Beaucoup de candidats réalisent des choses intéressantes mais les gardent pour eux, ou ne les présentent pas de manière claire. Pour qu’un side project devienne une vraie vitrine professionnelle, quelques bonnes pratiques s’imposent.
Commencez par structurer votre projet :
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Donnez-lui un nom, une courte description, un objectif précis.
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Définissez quelques indicateurs simples : nombre de visiteurs, d’utilisateurs, d’articles publiés, d’épisodes, de clients, etc.
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Gardez des captures d’écran, prototypes, livrables pour illustrer votre travail.
Ensuite, travaillez sa présentation professionnelle :
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Créez une page dédiée sur votre site, votre portfolio ou au minimum un document PDF bien mis en forme.
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Préparez un pitch court capable de résumer le projet en quelques phrases : à qui il s’adresse, quel problème il résout, quelles technologies ou méthodes vous avez utilisées.
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Listez les compétences développées : techniques, relationnelles, organisationnelles, commerciales.
Enfin, facilitez la consultation du projet par les recruteurs : liens cliquables sur le CV, QR code, section “projets” sur votre profil LinkedIn, ajout dans votre portfolio en ligne. Votre objectif est de réduire au maximum les frictions d’accès à votre travail.
Comment valoriser vos projets personnels sur un CV, LinkedIn et en entretien d’embauche
La mise en avant des side projects et projets personnels demande un peu de méthode. L’enjeu est d’en parler comme d’expériences à part entière, et pas comme de simples hobbies. Sans en faire trop non plus.
Sur votre CV, vous pouvez :
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Créer une rubrique dédiée “Projets personnels” ou “Side projects” sous les rubriques “Expérience” et “Formation”.
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Décrire chaque projet comme une expérience : intitulé, période, contexte, résultats principaux.
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Mettre en gras les compétences clés travaillées grâce à chaque projet (par exemple : “data visualisation”, “gestion de projet”, “rédaction SEO”, “relation client”).
Sur LinkedIn, vous pouvez aller plus loin :
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Utiliser la section “Projets” ou “Expériences” pour détailler vos initiatives.
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Publier régulièrement des posts sur l’avancement de votre side project, les obstacles rencontrés, les leçons tirées. Cela montre votre réflexion et votre capacité d’analyse.
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Partager des captures, démos, vidéos pour rendre le projet vivant.
En entretien d’embauche, vos projets personnels peuvent devenir un atout narratif puissant. Pour qu’ils jouent en votre faveur :
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Préparez quelques histoires précises (situation, action, résultat) montrant comment vous avez géré un problème, appris une nouvelle compétence ou surmonté une difficulté dans votre projet.
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Montrez que vous savez faire le lien entre votre projet et le poste : “Ce projet m’a appris à… ce qui est directement utile pour…”.
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Adoptez un ton factuel et professionnel. L’enthousiasme est un plus, mais il doit être structuré.
Éviter les pièges des side projects : équilibre, crédibilité et cohérence
Si les projets personnels peuvent booster votre employabilité, ils comportent aussi quelques risques. Le premier est celui de la dispersion. Accumuler les side projects sans jamais en mener un seul à un niveau suffisant de maturité peut donner l’image de quelqu’un qui s’enthousiasme vite, mais abandonne tout aussi vite.
Un second risque est celui du manque de cohérence. Multiplier des projets sans lien entre eux ni avec votre projet professionnel peut brouiller votre image. Cela ne signifie pas qu’il faille tout rationaliser, mais qu’il est important de pouvoir expliquer un fil conducteur : une curiosité, une valeur, une compétence transversale.
Enfin, faites attention à l’équilibre avec votre emploi actuel ou vos études. Certains employeurs peuvent s’inquiéter si un side project apparaît comme trop chronophage ou potentiellement concurrent. Il est souvent utile de :
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Clarifier que votre projet se fait sur votre temps libre et ne nuit pas à vos performances professionnelles.
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Éviter toute utilisation de ressources de l’entreprise (code, fichiers, base clients) dans vos projets personnels.
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Vérifier les clauses de votre contrat de travail, notamment en matière de propriété intellectuelle et de non-concurrence.
En restant transparent, structuré et responsable, vous transformez vos initiatives personnelles en signaux positifs plutôt qu’en source d’inquiétude pour un recruteur.
Construire une stratégie à long terme autour de vos projets personnels
Pour que vos side projects deviennent un véritable moteur de carrière, il est utile de les inscrire dans une stratégie de long terme. L’idée n’est pas de tout planifier, mais de garder une vision d’ensemble. Vos projets peuvent suivre l’évolution de vos envies, de vos compétences et du marché de l’emploi.
Vous pouvez, par exemple :
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Lancer un premier projet simple qui vous permet de prendre confiance, d’apprendre à vous organiser et à vous montrer en ligne.
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Évaluer régulièrement ce que chaque projet vous apporte réellement : compétences, réseau, visibilité, opportunités. Puis renforcer ceux qui ont le plus de potentiel.
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Utiliser vos projets comme laboratoire pour tester de nouvelles méthodes, outils ou technologies avant de les mobiliser dans un cadre professionnel.
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Faire évoluer un side project prometteur vers une activité freelance ou entrepreneurial si cela fait sens pour vous.
Vos projets personnels racontent une histoire dynamique. Ils montrent que vous ne subissez pas votre carrière, mais que vous la construisez. Cette posture proactive est précisément ce que recherchent de nombreux recruteurs et employeurs.
En les pensant comme des outils stratégiques au service de votre employabilité, et non comme de simples loisirs, vous créez un avantage compétitif durable. Dans un marché du travail incertain, cette capacité à apprendre, à initier et à réaliser par vous-même peut devenir votre meilleur argument face à d’autres candidats au profil similaire.